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par Mity » lun. 24 déc. 2018, 21:21
Le vent souffle. Incessant. Après tout le monde, je me mets enfin en quête de la découverte complète de cette production d'un TJP qui ne cesse de nous surprendre.
Que dire. Que dire après pas moins de vingt minutes de rotations passées en compagnie d'Orion ? J'en pars en chasse.
Je voudrais aborder d'abord le format, qui se cherche un peu. Mi-footage, mi-chroniques. Toujours très court. Un format hybride qui devient une sorte de carnet de bord narrativement lissé. Comme une histoire de traque dont on aurait oublié quelques bribes à mesure de la raconter, entrecoupée de moments contemplatifs elliptiques. Ce qui est à la fois perturbant et fascinant. Bien que le charme s'en soit quelque peu estompé sur la fin.
Point de vue scénario, on est face à une narration volontairement limitée, où on glane chaque information qui nous permettra d'en savoir un peu plus sur un univers qui semble riche mais avare en découverte.
Je ne me suis que très peu attaché à Orion. En dehors de son manque de personnalité, et la limitation de son implication, je me suis bien plus senti attiré par le monde qui l'entourait et son fonctionnement que par son épopée dans le froid à la recherche d'une cible mystérieuse. Et ce, malgré la tentative de drame apportée en fin de récit.
En outre, j'ai senti le récit très (trop) haché, mécanique, et froid, envers l'auditeur. Il manque un attachement, une mysticité et une profondeur qui sont encore camouflés derrière la narration. Resté sur ma faim, j'en attendais plus.
La distribution, restreinte au vu du nombre de personnages, est réussie. Destrokhorne offre une interprétation réussie, sans fulgurance mais sans ratés. De même pour Coupie, qui peine cependant à apporter un peu de vivant dans ses intonations sur la longueur. Tout deux néanmoins restent aggripés par la monotonie du script dès que celui-ci revient vers un peu plus d'humanité. Cela reste en tout cas un beau casting.
La réalisation est impeccable, et a beaucoup de mérite. En particulier pour l'effort apporté pour créer un environnement sonore à partir du néant. Tantôt subtil, minimaliste, tantôt pointilleux, l'ensemble est beau à écouter. Souligné par une très bonne musique, pas forcément toujours bien exploitée. Je reprocherai éventuellement une certaine monotonie dans ses ambiances et sa mise en scène, qui peinent à apporter du dynamisme aux situations.
Le Chasseur est une excellente production de la part de FrançoisTJP. Réalisée avec talent, testant ses limites et remettant en question ses acquis, comme il nous y a toujours habitué. La série a des défauts, surtout sur l'écriture. J'en attendais plus. Plus de pertinence, de profondeur, de justesse. La fiction reste malgré tout un excellent moment à passer pour les fans de science fiction, et j'espère en voir plus sur cet univers qui est loin de nous avoir tout divulgué. De quoi repartir dans une nouvelle traque sous un vent glacial.