Absurdisium mérite bien son nom.
ça part dans tous les sens sans pour autant devenir n'importe quoi. Cet exercice est difficile car il ne suffit pas de pêcher dans le dico des mots au hazard et de les accoler pour que la magie opère. Il faut garder une certaine cohérence dans l'incohérence et Dychollin semble être passé maitre dans cet art.
Car, finalement il y a bien une histoire. Un début étrange, certes, un développement inhabituel, d'accord, et une fin en queue de poisson, oui, mais il y a quand même une histoire, raccourci d'un sous-Indiana Jones associé à une Lara Croft pudique.
L'introduction est hilarante. Chaque élément absurde est si bien choisi que l'ensemble est parfaitement crédible. Un peu comme si on avait "traversé le miroir". Et dès le premier épisode, parfaitement introduit par un narrateur inutile donc indispensable, on se trouve plongé au coeur de l'action, ce qui nous laissera deviner progressivement qui sont les héros et ce qu'ils font là.
Inspirés par le titre et par l'introduction, on se surprend à guetter les glitches, le moment où ça va basculer, mais à part une atmosphère paranormale, la première partie se déroule sans heurt, hormis un combat confus dont, finalement, on se fiche du déroulement puisqu'on peut se contenter d'en connaitre la fin.
La deuxième partie nous dévoile le sens véritable du titre et nous donne de nouveau un assise solide dans un monde qui se délite avant sa résolution et sa conclusion, qui serait dégoulinante de romantisme mielleux si elle ne se terminait pas par un dernier clin d'oeil.
L'ensemble est saupoudré de gags savoureux, certains préparés bien à l'avance nous donnent envie de réecouter l'histoire afin de se délecter de leur mise en place, ce que j'ai fait deux ou trois fois avant d'écrire cette critique.
Techniquement, c'est un plaisir. Le jeu d'acteur est subtil et inspiré, la prise de son est bonne, le mixage aussi.
Tout au plus je reprocherais les bruitages paranormaux un peu forts à l'instar des premiers jingles de fin, corrigés dans les épisodes suivants.
Ma conclusion : Pas étonnant que le titre de "Saga de L'Eté" lui ait été décerné.
L'histoire est originale et drôle, l'écriture est subtile, le jeu est top et la technique aussi.
Du grand Dychollin.
