Le pompage, on l'entend parfois quand on se sert d'un simple compresseur mais pour lequel la transition entre les parties compressées et les parties non compressée est trop brusque. Comme si tu écoutais un morceau de musique sur une chaine hifi avec un vrai bouton de volume et qu'à chaque coup de kick, tu baissais en rythme le volume puis le remontais aussitôt.
Mais c'est encore plus sensible quand on utilise un side chain pour faire du ducking. Le son principal (ici, la voix) provoque la compression du son secondaire (la musique et les bruitages) pour que quand le son principal est présent, le son secondaire est baissé pour laisser la place. Si on a une attaque et un release relativement faibles pour que, dès que la voix disparait, la musique revienne, on entend clairement le changement de volume de cette dernière.
Pour certains styles de musique electro où on utilise, par exemple le kick pour baisser le volume général de la musique ou de certains instruments, ce pompage est voulu et participe à la sensation de rythme. Comme un whoumpf whoumpf woumpf...
Mais ici, c'était trop audible et moche. Du coup, soit je réduisais l'impact du side chain, donc la compression des bruitages/musique et ça faisait que ma voix était noyée dans le son ambiant ; soit je baissais d'une manière générale les bruitages/musique mais j'avais moins cette impression d'en avoir plein les oreilles de partout, ce que je voulais ; soit je faisais en sorte que ma voix ne baisse que les fréquences correspondantes à la voix sur la musique et les bruitages, d'ou l'emploi d'un compresseur multibande et d'un side chain.
J'ai calé 3 bandes :
- une avant 300 hertz, les graves, que je conserve tels quels pour garder la puissance de la musique et le grave des explosions et autres bruitages. Vu que c'est plus grave que l'essentiel des voix, je puis me permettre que ça reste très présent.
- pareil pour la bande au dessus de 3500 hertz, je conserve le haut du spectre qui ne contient, de toute façon, que les harmoniques de la voix, là aussi j'ai décidé que je pouvais me permettre de les laisser en concurrence avec la musique et les bruitages
- par contre, pour la bande du milieu, dans le medium, quand la voix est présente, le compresseur baisse le volume musique/bruitages. Il baisse le volume raisonnablement, de manière à ce que la voix reste comprehensible, mais sans avoir besoin de la mettre très au dessus. Ainsi elle ne semble pas surnager de la tête et des épaules alors que, pour autant, on peut être surpris de la percevoir assez clairement et de comprendre ce qui se dit, alors que ça tabasse tout autout, et sans avoir (trop) l'impression qu'il y a eu compression de la musique et des bruitages (en vrai, quand on écoute en détail, il y a une paire d'endroits où on l'entend quand même un peu, mais j'ai laissé tel quel : ça ne valait pas le coup d'y passer deux jours de plus. Mais en y consacrant plus te temps, il y avait moyen de rendre cette compression encore moins audible tout en restant forte).
Et sur le master, je repose une couche de compression, générale cette fois ci, pour redonner un peu de glu à l'ensemble des bruitages/musiques/voix et un peu de cohérence.
Plus limiteurs et autres moyens de pousser le loudness sans saturer numériquement. C'est pas subtil, j'en conviens, mais c'est volontaire.
Pour la redécoupe entre la voix off, la musique et parfois les répliques de Johnny Babrioli, oui, c'est entièrement voulu. Un peu comme un ping pong. J'ai voulu rendre hommage à l'esprit d'un film d'action de la fin des années 80 où l'acteur central est badass, mais non dénué d'humour. Suivez mon regard
