Alors en gros, le mastering est l'ensemble des étapes qui vont suivre le montage/mixage jusqu'à obtenir le MP3 terminé, prêt à publier.
La difference majeure entre le montage/mixage et le mastering c'est que le mix se fait en multipiste, chaque piste ayant ses propres réglages tandis que le mastering se fait normalement
après avoir "
bouncé" (
exporté avec Audacity,
printé avec protools) toutes les pistes en un seul fichier stéréo (le mix final) qui contient toutes les répliques, tous les bruitages, toutes les musiques, tous les réglages, de préférence sur un fichier WAV pour ne pas (déjà) perdre de qualité.
Aspic a déjà évoqué ce qu'est un mastering (la bonne nomenclature est
pré-mastering, mais depuis l'avènement du CD, on parle simplement de mastering). Pour un album de musique, on va compresser au besoin, ajuster les niveaux, affiner l'equalisation générale, éventuellement ajuster le champs stereo, vérifier la phase pour une compatibilité mono, s'assurer de l'homogénéité de l'album d'un morceau à l'autre, poser les index de début et de fin de titre, puis graver le glass master qui va servir d'empreinte pour la production des CD's en usine.
Le tout avec les oreilles neuves d'un ingé-son différent de celui qui a fait le mixage.
Qu'est ce qu'on peut faire à notre niveau pour de la saga MP3 ?On peut simplifier un peu le processus :
** note : il est rare qu'on aie un ingé son sous la main qui n'a pas participé au mix. On fera donc son mastering soi-même, mais pour se garantir de bien le faire, il faudra absolument laisser passer un ou, mieux, plusieurs jours, avant de s'y attaquer, afin de le faire avec des oreilles "neuves".
** D'abord et avant tout, on va vérifier que rien ne cloche dans le mix final, qu'on n'a pas oublié de bruitage, qu'un son n'a pas été déplacé par erreur, qu'il n'y a pas de saturation, que l'ensemble sonne
beau, à defaut de sonner
fort.
Tant que ce n'est pas bon, on n'est pas prêt pour le mastering, il faut repasser au montage/mixage.
** On peut ensuite envisager ou non de compresser le mix.
La compression va réduire la différence entre les sons les plus faibles et les sons les plus forts (ça s'appelle la dynamique).
Plus la compression sera importante, plus le résultat final sera dense.
Avantage de la compression : - on entend tous les détails même dans le métro.
- Le mix est plus pêchu, plus fort.
Inconvénient : - les défauts, clics, reverbe, bruit de fond, etc. sont augmentés d'autant. (On ne peut envisager de compresser
que quand on a une prise de son impeccable, des bruitages propres et des musiques bien enregistrées
- On perd toutes les nuances qu'on a passé du temps à placer au mix en réglant individuellement tous nos niveaux.
- une compression importante fatigue l'auditeur (il suffit d'écouter les radios périphériques, NRJ, SKYROCK, etc. pour se rendre compte qu'els donnent rapidement mal à la tête et qu'on apprécie parfois le silence)
Conclusion, on peut compresser si on veut, mais un compresseur se règle avec beaucoup de douceur, il vaut mieux compresser trop peu que trop, et il vaut mieux ne pas compresser que de compresser mal.
Une saga peu compressée sera agréable à écouter le soir dans son lit mais on loupera les nuances dans le bus, une saga fort compressée pourra être écoutée dans le bruit, mais dans le silence, le son sera uniforme et fatiguant.
(si vous voulez comprendre la différence entre un titre pas/peu compressé et un titre très/trop compressé, écoutez dans de bonnes conditions, c'est à dire pas à la radio, Bohemian Rhapsody de Queen, de la première à la dernière note, la légèreté et les nuances du piano, la puissance des guitares saturées, le dernier vers presque chuchoté et le gong final, puis écoutez n'importe quelle daube actuelle sur Fun Radio, ça devrait être assez rapidement clair) ** Normaliser.
C'est tout simplement augmenter le volume général de manière à ce que le passage le plus élevé du morceau soit au volume maximum (soit -0.3 dB qui est quasiment le standard en audio). Ainsi on s'assure de ne jamais saturer tout en proposant à ses auditeurs un niveau élevé.
** Si on a des micro-piques qui gènent, on peut aussi utiliser un limiteur qui va les raboter afin de permettre de monter encore un peu le niveau général. En effet il serait dommage de proposer un épisode à -10dB de moyenne seulement parce qu'une pique d'une milliseconde est dans le chemin. Utilisé judicieusement, le limiteur va baisser cette milliseconde pour permettre une normalisation un peu plus haute sans pour autant saturer, même pendant la micro-pique.
** écouter encore et encore l'épisode
sur plusieurs jours pour s'assurer que tous les traitement qu'on a fait sont pour le meilleur et non pas pour le pire.
** sauvegarder en MP3
** écouter ce MP3 pour s'assurer encore que la compression n'a pas fait foirer quelque chose
** placer les ID-tags sur le MP3
** se réjouir d'avoir fait du bon boulot.
-Le travail sur le fichier stereo doit-il être un travail en temps réel (paramètres changeant) ou un seul traitement/réglages des effets sur tout le fichier?
C'est comme on veut.
Un épisode de saga MP3 étant généralement composé de plusieurs scènes, on peut envisager d'avoir des réglages differents d'une scène à l'autre, comme on le ferait pour les différents titres d'un album de musique. Dans ce cas, il convient de s'assurer aussi que le passage d'une scène à l'autre a la fluidité voulue (ou non, selon les choix artistiques du créateur)