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par Blast » lun. 21 mars 2016, 16:12
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Le seul véritable interêt qu'on a pu trouver après de longues heures, jours et mois de brainstorming, c'est "Ouais, ça serait cool !".
Tout le reste n'était finalement que prétexte pour justifier le "Ouais, ça serait cool !".
Des associations de fait existent depuis toujours et fonctionnent parfaitement et, pour le moment, c'est ce que nous sommes, et ça fonctionne pas trop mal, jusqu'à présent. On a fait des flyers, on a auto-financé un kakemono, on a participé à des conventions, on a apporté notre matos perso pour faire des chouettes stands, on en a même acheté pour l'association de fait que nous sommes, et au final, ça s'est très bien passé.
A l'opposé du spectre, monter une véritable association avec des statuts déposés, des membres, un bureau, un réglement intérieur, tout ça, fonctionne généralement bien quand la structure est géographiquement délimitée, mais devient rapidement un casse tête sans nom quand on doit gérer, par exemple, des membres dans plusieurs pays avec des lois nationales sur les associations qui diffèrent d'un pays à l'autre (ce qui est notre cas), des membres mineurs avec toutes les questions concernant les autorisations parentales (ce qui est notre cas), l'absence de véritable siège social (ce qui est notre cas), la tenue et le contrôle de comptes et de comptabilité à distance (ce qui est notre cas), et dans plusieurs monnaies (Euro, Franc Suisses, Dollars Canadiens, etc... (ce qui est notre cas)...
Bien entendu aucun de ces élément n'est vraiment impossible à résoudre, mais chacun amène à se poser la question : "Une association, ça serait vraiment cool, mais n'est ce pas un effort délirant juste pour distribuer une carte de membres à ceux qui nous aiment ?"
Et naturellement, évidemment, déjà à l'époque la réponse a été : "Oui ! Ça serait tellement cool que ça vaut le coup !".
Mais c'était déjà occulter (volontairement ou par manque d'expérience) que monter une association, ça nécessite des moteurs capables d'oublier une grande partie du reste de leur vie sociale (et familiale) pour pousser à la roue sans jamais faiblir, pendant plusieurs années avant de pouvoir envisager de passer la main, en espérant trouver d'autres moteurs prêts à faire la même chose, sinon ça s'arrête. Immediatement. Inexorablement.
Ma longue expérience (je suis jeune, mais je suis jeune depuis beaucoup plus longtemps que vous) me dit qu'il faut au moins 5 ans d'abnégation pour espérer (pas toujours réussir, hein, juste espérer) qu'une association soit suffisamment lancée pour qu'elle tourne d'elle même même si à l'occasion son bureau (ses moteurs) puisse faire une pause de temps en temps, genre pour se marier, ou faire un gosse, réussir ses études ou commencer à bosser.
Dès le départ, j'ai exprimé à la fois ma solidarité avec le projet mais aussi mes doutes quant au succès d'une telle entreprise. J'ai expliqué, explicité, documenté ces doutes et à chacun d'entre eux, j'ai vu (à mon grand plaisir, hein !) une réponse de type "Pas de problèmes, on va gérer. Parce que ça serait vraiment cool !".
OK.
Mais j'avais malheureusement raison. Le jeu n'en vaut pas la chandelle.
"Ça serait vraiment cool !" ne suffit pas et tant qu'on n'aura pas un véritable besoin d'une association, aucune association ne tiendra la route.
Mais je sais que vous n'y croyez pas.
Je sais que l'étincelle est encore dans vos yeux malgré la lecture de ce qui précède.
Je sais que l'expérience est une lanterne qu'on accroche dans son dos et qui n'éclaire que le passé.
Je sais que vous devez forger votre propre lanterne.
C'est pourquoi je ne voudrais pas que ça freine quiconque, hein !
Si d'aucuns veulent de nouveau se lancer dans l'aventure avec un semblant de projet, je serai solidaire, une fois de plus.
Prêt à admettre que j'avais tort.
Si j'ai tort.