Très chouette série d'interviews. Une excellente initiative qui retranscrit bien l'ambiance. Ça compense le fait de ne pas avoir pu y assister. Merci !
Ceci dit, je mets ma casquette de technicien sur la tête et je vais essayer de donner quelques conseils.
- Pour la prise de son, comme le couple de micros donne un champs assez large, il faut essayer de se rapprocher de la source. Mais évidemment, c'est assez obstructif, ça peut popper et ça peut intimider les personnes. Sur mon H2 (dont les micros sont disposés de la même manière), la position la plus interessante que j'ai trouvé c'est de pointer le micro horizontalement devant le menton de la personne interviewée, puis, pour poser ses questions simplement relever le bras pour amener le micro face à son propre menton (toujours pour éviter les pops) :

- Pour plus de confort, il est possible de visser une poignée sous l'appareil. Si on n'en a pas (le H2 en avait une livrée avec l'appareil), l'idéal est de s'offrir un mini pied d'appareil photo (normalement le pas de vis est compatible) et de l'utiliser comme poignée (utile aussi pour le poser sur une table à l'occasion) :

- Je pense que le limiteur était enclenché puisque quand il y a du vent, le niveau général baisse. Je te conseille plutot de ne pas l'enclencher, de te mettre en 24 bits et de moduler un peu moins fort pour permettre les peaks sans saturer mais sans pour autant baisser le niveau général.
- C'est toujours difficile d'être à la fois l'interviewer et le technicien. Idéalement, "embaucher" un preneur de son te permettrait de te concentrer sur une seule chose, mais évidemment ce n'est pas toujours faisable, et plus c'est fatalement plus lourd comme organisation.
Neammoins, si tu te retrouves à enregistrer tout seul tout en menant ton interview, je te conseille de mettre
une oreillette, ce qui te permet de surveiller les conditions de prise et de corriger instinctivement ta position quand le son baisse ou monte anormalement, ou de repérer quand il y a du vent (ah! les joies de la rycotte) et de tenter de changer l'orientation pour atténuer le soucis (surtout qu'à l'audio, ce n'est pas un problème, la lumière est toujours bonne).
- Pour les interviews elles mêmes, j'ai bien aimé le ton. Bonne dynamique, bonne diction, l'ensemble est sympa et fait plaisir à écouter. L'aspect "à l'arrache" n'est pas génant, mais il faut que tu fasses attention à ton "donc" omnipresent sur tes interviews. Quelques trous, hésitations auraient pu être gommées en post-prod, mais je comprends bien qu'Horine ait été fort occupé à mixer les monos et à post-produire les interviews dans un délai raisonnable. Peut-être que de partager les tâches et demander à un autre créateur, s'il s'en était trouvé un qui soit libre, naturellement, de s'en charger.
- Au niveau post prod, je pense qu'il y a encore un peu de travail faisable :
-> Pour le vent, un coupe bas réglé assez haut (genre 250/300 hertz) fait des merveilles sans trop toucher à la voix. Evidemment sur une voix grave, il faut trouver un compromis et de toute façon garder une pente raisonnable. Mais j'ai traité le weekend dernier une prise de vue extérieure qui avait les mêmes soucis et ça a plutôt bien fonctionné.
-> D'une manière générale, et c'est un des rôles du mastering, il faut que chaque extrait ait un niveau équivalent. Il faut donc les mettre les uns à la suite des autres sur le banc et s'assurer que la continuité est respectée du point de vue volume afin que ceux qui vont écouter chaque sequence en file indienne ne ressente pas trop les changements. Une augmentation ou réduction lente du volume, sur 10 ou 15 secondes est inaudible et permet de faire coller une séquence à la suivante.
-> En interne, même si c'est du boulot, il y avait peut-être moyen de compenser certaines différences entre l'interviewer et l'interviewee. Sur l'interview de JBX, c'est assez flagrant. Evidemment, il est difficile de faire un travail propre quand on n'a qu'une bande stéreo dans la mesure où le bruit de fond se retrouve à faire du yoyo, mais on peut jouer sur quelques astuces, essayer d'isoler la voix au centre du spectre stereo et rajouter l'ambiance en post-prod (pour peu qu'on ait pensé à enregistrer une sequence uniquement d'ambiance,... ça peut toujours servir... Lancer l'enregistrement 15 ou 20 secondes avant l'interview et ne pas couper tout de suite permet de capter l'ambiance du moment et donne des billes pour faire ce genre de manip). Dans tous les cas, un coup de compresseur avec un release assez long peut permettre de gommer les différences sans avoir à aller jouer du fader de volume sur chaque phrase. Mais attention, s'il y a compression, il faut envisager de le faire aussi sur les interviews qui n'ont pas le soucis afin de maintenir la continuité.
Mais attention, une ligne de "c'est super" et une tartine de points à améliorer ne doit pas faire penser que c'est tout pourri. Loin de là. Le "c'est super" l'emporte très largement !
