Lhomme marchait. Il était seul. La nuit commençait à peine à éclairer la planète Ex-Bleue. Chacun de ses pas résonnait dans la ville vide, comme un de ces héros de Western, arrivant mystérieusement dans une ville vide, alors quun rouleau de paille passe devant lui, des tueurs à gages préparent leurs armes. Mais là, il ny avait aucun Cow-boy solitaire, mais seulement un jeune homme enveloppé dans un manteau noir, une mallette dans la main, une capuche sur la tête, alors quil ne pleuvait pas une goutte. La pluie ne tombait que rarement dans ce pays, pourtant tempéré, jusquà la décennie précédente. Il tourna la tête. Il trouva de la vie. Il vit de grands gratte-ciel, illuminés, dans lesquels plusieurs bureaucrates, la cravate plus en pagaille que les cheveux, eux même soigneusement plaqués vers une direction précise, par un demi-tube de gel. Ils sagitaient tels des fourmis voulant toutes combler la reine, que lhomme ne voyait pas. Il devina. Cette grosse fourmi avait sans aucun doute un gros cigare dans la bouche, se tenant les bretelles et avalant la fumée sans la recracher, hurlant des ordres, aboyant tel un chien aboierait sur des chats, de ses grosses dents jaunies par le temps, et par toutes les cochonneries que lui transmettaient les cigares. Il imaginait ce Big Boss, riche comme crésus, ne sachant pas compter jusquà trois, ne sachant pas féliciter, regardant ses employés dun ½il fatigué, jaune, triste, colérique. Dici, il pouvait deviner son haleine putride et corrompue, à laquelle était préférable la moisissure ou le renfermé, a laquelle même les mouches ne pouvaient pas survivre. Il le voyait postillonner sa haine, comme si leau pouvait se transformer en acide et faire fondre le visage de chaque salarié. Il devinait aussi sa coupe de cheveux, car il ny en avait sûrement pas, tel un ballon, le Grand Chef devait être rondouillard et chauve. Lhomme imaginait facilement une secrétaire aux yeux durs comme la pierre, jetant des éclairs aux employés, déjà noyés sous des torrents de bave et de cris. Elle portait sans aucune hésitation une paire de lunettes carrées, un prêt-à-porter dune couleur triste, un chemisier blanc. Elle était sûrement équipée dun calepin et dun crayon, quelle mastiquait sans sen rendre compte, comme un chewing-gum au bois.
Lhomme poussa un soupir. Voilà dans quel monde corrompu il vivait. Sous un ciel gris, dans des titanesques tours, plus hautes les unes que les autres, vivait une fourmilière fonctionnant au pot de vin et aux prises de tête. Rien navait vraiment changé depuis le moyen-âge, où les rois se comportaient de la même manière. Combien dhommes et de femmes vidaient un tube daspirine chaque jour à cause de la migraine que produisaient leurs supérieurs, depuis leur grosse usine à « grondage demployés », se détruisaient les poumons à coups de cigarettes, soit disant pour se détendre, étaient atteints durticaire due au stress quils pensent venir dallergie, vidaient les cafetières, sexcitant pour se détendre ? Des milliers et des millions. Voire même des milliards.
Lhomme nosait même pas quitter des yeux cet autre monde. Il se sentait heureux. Il ne travaillait pas là dedans. Il ne devait pas affronter ces problèmes là. Pourtant, il travaillait. Il hésitait à regarder de lautre côté. Un côté sans doute pire. Car les salariés «de verre » nétaient pas les plus à plaindre. Oh non ! Il tourna la tête vers la droite, et vit un monstre cracher de la fumée vers le ciel.
A droite, cétaient les usines. Le bas de la chaîne hiérarchique. Là où des ouvriers pleins de cambouis et de pétrole vissent et re-vissent des tuyaux rouillés, tournent des manivelles, tellement bloquées par la moisissure que les salariés des immeubles devraient sy mettre à quatre pour les faire tourner ne serai-ce que de quelques millimètres. Il ne les voyait pas : les vitres étaient sales, contrairement aux immeubles, dont on éliminait les moindres insectes, les moindres taches de gras, ou de doigts, ou de doigts gras. Il accéléra le pas. Soudain, il leva le bras, vers le ciel, et poussa un cri, brisant le silence :
« _Taxi ! »
Il entra dans la voiture claire, qui illuminait ce monde sombre, comme une luciole dans la nuit noire. Il regarda la route. Elle avait la même couleur que le ciel. Pour la première fois depuis des mois, ils se mit à pleuvoir. Chaque goutte vivait sa vie, durant une longue chute, et finissait par sécraser, explosant en milles morceaux, produisant un râle, qui ressembla à un orchestre, dont les tambours étaient une petite voiture jaune, contenant un chauffeur râleur, mal réveillé, mal rasé et mal habillé, et un homme, qui ordonnait au chauffeur de se rendre à une autre partie de la ville.
Lautoradio produisait un son grésillant, une sorte de Jazz mélangé à de lélectro, musique de lépoque, qui accompagnait les chutes deau dans leur tintamarre métallique.
Lhomme descendit sans payer, en hâte, collant sa mallette sur son torse, comme pour protéger un fils, dissimulé dans la boite à poignée noire.
Quant au taxi, il ninsista pas, car le chauffeur savait une chose essentielle sur les Hommes qui empruntaient les taxis : il suffisait dattendre que leur retour, car ils navaient pas de véhicule pour le retour autant quil nen avaient pour laller.
Lhomme monta un escalier en marbre blanc, qui sonnait creux, traversa une cour de dalle et entra dans le gigantesque bâtiment sur lequel il était écrit « MAISON DAVOCATS DE PARIS, FRANCE ».
A côté de ce gigantesque écriteau, se tenait une femme, en pierre, qui ne semblait ni heureuse, ni triste, et qui brandissait son épée et sa balance vers la ville, dans un message du type : « Je vous vois tous, je vous juge tous, craignez ma balance et lépée qui va avec ! ».
Lhomme poussa la porte. Linstant crucial arrivait. Il ne devait ni se tromper, ni balbutier, ne commettre la moindre erreur. Il allait monter au bureau de Mr.Jiuja, poser la mallette sur le bureau et dire « Jai la preuve que ça existe ! ». Mais soudain, une question, brisant tout son plan apparut, pire quun virus. Quel était déjà létage du bureau de lavocat dit Mr.Jiuja ? Zut ! Il poussa la porte.
Une vielle femme se retourna dans le hall dentrée. Il sétait fait remarquer. Il devait poser sa question. Ses lèvres devinrent sèches, et il transpira presque.
« _Monsieur ? demanda-t-elle froidement
_Gérard, Marc Gérard
_Que puis-je pour vous
_Je désirerai voir Mr. Jiuja, à quel étage se trouve son bureau
Il déglutit
_Sil vous plaît ? »glissa-t-il dans un sifflement, on aurait cru que lon létranglait.
La femme sarrêta. Elle ne parla plus. Pendant un long silence, lun tremblait, lautre le fixait.
« _Vous plaisantez ? répondit-elle
_ Je ne crois pas vous avoir posé une question idiote » se défendit-il.
Un autre lourd silence reprit. Elle ne put repousser un petit sourire. Finalement, elle éclata de rire.
« _Tout le monde le sais, Mr.Jiuja est mort il y a six mois ! » gloussa-t-elle.
Et tout le hall se prit de rire de Marc. Comment pouvait-on rire dune mort ? Il ne comprit pas.
« _Et de quoi est-il mort si je puis me permettre dinterrompre votre seconde de bonheur ? »
Elle se ferma, et tout le hall la suivit.
« _Mr. Jiuja est mort assassiné dans son bureau, le vingt-cinq décembre dernier, et le coupable est Jean Kassi, le célèbre sérial killer, que la police a arrêté quelques jours après. Je ne peux pas me résigner à croire que vous ne soyez pas au courant, car toute lEurope a vu larrestation et le procès de Kassi.
_Facile à dire, vous travaillez au palais de justice
_Et vous étiez un de ses clients ?
_Ca ne vous regarde pas !
_Si, car je peux vous proposer un nouvel avocat
_Je nen ai pas besoin, je nai pas prévu dêtre arrêté.
_Faites comme vous voulez, de toute manière, vous auriez un avocat commis doffice.
_Cette conversation a assez duré. Je men vais. Au revoir !
_Jallais vous le proposer
_Jaurais alors refusé. »
Il prit la poignée de la porte dentrée.
« _Tiens, jai un dossier sur vous dans les mains s'etonna-t-elle subitement
_Je ne vois pas pourquoi.
_Peut-être parce que vous étiez client de monsieur Jiula
_Je nétais pas son client, jétais son ami !
_Et il vous lègue une lettre qui se trouve dans ce dossier.
_Donnez-la moi.
_Il va falloir signer ce formulaire.
_Je men fiche de votre fichu formulaire ! Donnez-moi ça !
_Ces jeunes, jamais en règle ! »
Il courut jusquau bureau et lui arracha le dossier.
« _Et ces vieux, trop lents » répliqua-t-il.
Elle le fixa. Des yeux qui souhaitaient sa mort avaient remplacé les anciens. Marc partit.
Pour l'internaute malhonnête : cette oeuvre vient d'être déposée ici sous mon nom, donc, je te déconseille vivement de me la voler, si tu ne veux pas que des membres de nétophonix, càd éparpillés partout dans le monde te tombent dessus !!!
PS : qui plus est, avec ça, t'iras pas loin !
Vos avis ?










. Mais c'est vrai quoi. T'écrit avec style en plus.
)
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, une histoire de mercenaire solitaire en mission d'infiltration, sabotage et assassinat. Peut-être une base pour une aventure MP3, mais il faudrait revoir le script parce que en solo, c'est moins riche en dialogues