Si je peux rajouter mon grain de sel :
Tout dépend de par quoi tu débutes : par le personnage ou par le récit. Très souvent, quand on ne s'attable pas près à commencer à écrire (où là, on
cherche, pour justement créer l'histoire), les premières choses qui nous viennent en tête sont des actions en cours (genre, un mec qui tient en joug un autre, et pis un dialogue intéressant s'engage. Ce genre de scènes quoi). Personnellement, quand des idées jaillissent comme ça, je les note tel quel, sans fioriture ni mise en page, en discours direct ou indirect comme ça me vient (d'ailleurs, c'est très drôle de relire le tout après coup).
Maintenant, une fois qu'on a tout plein de choses en tête, ou posées sur papier/ordi, comment commencer la rédaction : bonne question. Je ne peux parler que des techniques que j'ai essayé (dont certaines sont tout droit sorties de bouquins, et je peux vous garantir que ce sont celles qui ont été les moins probantes) : la continuité non-dialoguée, le squelette, que des dialogues, débuter la rédaction par la séquence phare, ou décrire son perso principal, débuter par la première séquence tout bêtement...
Dans mon cas, y'a un petit truc que j'aime bien : le squelette. Bon, c'est très ch***t à faire honnêtement, mais ça sert un max juste après. En clair : à partir de l'histoire qu'on a, on en dresse le récit, on met en place son fil rouge, on essaie d'organiser ses idées et de placer les séquences auxquelles on a déjà pensé. Et le grand avantage, c'est que si une certaine séquence (un peu molle au premier jet) nous gave, on peut passer à l'écriture d'une autre.
- Ça permet au moins de ne pas s'interrompre à cause d'un passage qui nous plait un peu moins dans le récit. Si l'écriture traine en longueur (du genre plusieurs semaines), il peut y avoir un discontinuité dans la manière d'écrire, surtout si on a écrit dans le désordre, qui doit être réglé lors des relectures et réécritures, ça va de soi.
Autre avantage, si on écrit dans le désordre, on aura l'expérience des séquences suivantes quand on écrira la séquence 2 par exemple, et on pourra mettre en place des pistes et éparpiller des indices ou un macguffin, ou que sais-je. Et la réécriture permettra aussi de rajouter des choses dans les séquences suivantes une fois qu'on a tous les éléments des premières.
Enfin, un avantage pour moi (je trouve, ça va dépendre des gens), c'est que si on trouve son récit un peu trop linéaire, on va utiliser le squelette pour déplacer des séquences, les inverser, ou même carrément décider de faire une histoire en analepse comme je l'ai fait pour un court métrage : on met en scène une séquence finale tronquée en tout début, et le reste du récit met en scène tout ce qui précède cet évènement (bien évidemment, il faut que la scène finale soit forte en émotion, et ait une partie d'inexplicable, ou de pas "cautionnable" par le spectateur, sinon ça sert à que dalle) et on a à la fin la séquence finale en entier qui révèle tout et explique les agissements du perso (ça permet aussi de partir sur un pré-avis, voir le perso comme un salopard alors que c'est pas le cas, ou inversement).
De même, le squelette permet de vérifier l'évolution dramatique des personnages au fil du récit. On peut mettre en évidence ses choix, et si une séquence nous semble molle, c'est peut-être parce que son choix n'est pas assez décisif ou qu'il ne colle pas avec sa mentalité. Si tu écris en dehors d'un projet épisodique (un oneshot ou un roman, ou autre), ça te permet aussi de mettre en place des échelonnages de tension dramatique, et ça te donne une bonne vision d'ensemble.
Enfin bon, je vais pas continuer à faire une pseudo-apologie de cette façon de faire. Le seul truc, vraiment lassant et embêtant, c'est de faire la première ébauche de squelette. Ok, à tout casser, ça prend une heure, mais qu'est-ce que c'est pas marrant... et ça devient moins efficace sur un bouquin qui dépasse 100, 200, 300 pages (à moins de décomposer le squelette selon les intrigues semi-principales, qui correspondent chacune à 75-100 pages, mais ça devient de moins en moins fun...)
et merci pour le conseil du bouquin de King