En réalité, tout un mouvement est en train de se mettre en place pour dire non à la loudness war à tous les niveaux et elle touche bien évidement la production musicale aussi.
Le tollé concernant le mastering de Death Magnetic de Metallica transformant l'album en bouillie sonore et la pétition de la part des fans pour le faire refaire n'en est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Plusieurs groupements sont nés et militent pour un retour à une dynamique respectée.
TurnMeUp ou
Dynamic Range Day, par exemple.
Dans les topics liés au mastering sur Audiofanzine, c'est un peu la bouteille à encre. Il semble que certain ingé sons refuseraient maintenant des contrats où ils jugent que la dynamique est détruite. Evidemment, c'est actuellement un bras de fer entre les D.A. et les studios, et la pression sur ces derniers est énorme, mais les réactions du public (du moins pour certaines catégories de musiques) concernant les productions surcompressées ou, au contraire, dynamiques, aide très certainement à faire un pas en arrière.
Pour ceux d'entre nous qui y sont sensibles, un outil a été développé : le
TT Dynamic Range Meter. Il peut nous permettre d'avoir une meilleure appréhension nos taux de compression, selon d'adage : "You manage what you measure."
On peut aussi signer la pétition de Pleasurize Music pour aider le mouvement à prendre du poids.
Et la boucle est bouclée : sur ce site, on peut voir qu'ils se réjouissent de la recommendation R128
On peut donc voir une lueur d'espoir.
PS. Mais pour répondre à la question titre :
Hormis les exceptions potentielles des bandes annonces ou de programmes particulièrement compressés, il ne faut pas oublier qu'on n'a que 16 bits pour définir toute la dynamique. Par conséquent, plus on aura à coeur d'augmenter celle-ci, plus on aura interêt à caler nos peaks au plus près du zero dB (sans pour autant risquer la saturation, bien évidemment). Par conséquent la normalisation à -0.3 dB est plus que jamais d'actualité.
Attention de ne pas se caler sur le zero dB pour deux raisons :
-1- La compression MP3 engendre des effets de masquage qui peuvent provoquer des saturations ;
-2- les clips intersamples (même si nous n'utilisont pas la norme de broadcast des quasi-peaks de 10 ms, nos peak meters ne montrent pour autant pas les véritables peaks : on peut très bien avoir deux samples consécutifs à zero dB et donc entre ces deux valeurs, le volume peut dépasser le zero dB fatiditque. Certains appareils confrontés aux clips intersamples génerent des artefacts désagréables.)
On a donc tout interêt à normaliser à -0.3 dB (recommendation pour le CD avant la loudness war) voire à -0.5 si on applique des taux de compression mp3 relativement importants. A l'oreille la différence de volume est quasi imperceptible, sauf si on s'appelle Bob Katz, mais il ne s'en offusquera pas, surtout si c'est pour proposer un son sans saturation d'aucune sorte.