Ben, la caractéristique majeure d'une belle reverbe c'est la largeur de sa stereo : le son d'origine arrive aux oreilles de l'auditeur de manière directive mais en même temps rebondit sur tous les murs puis rebondit encore et encore et frappe donc les deux oreilles de manière différente et avec des niveaux et des retards différents (décalage de phase).
Si tu te trouves dans une pièce inconnue les yeux bandés, tu devrait tout de même être capable d'évaluer la taille de la pièce rien qu'en entendant la reverbe qui s'y produit au moindre son.
Par conséquent imaginons un type qui crie dans une autre pièce séparée de l'auditeur par, disons, un couloir.
La reverbe va se former (tous les echos successifs), dans la pièce du gars qui crie. On a donc un son riche de reverbe, bien stereo.
Puis ce son riche de toute sa reverbe va passer par la porte (admettons la ouverte) et traverser le couloir. Comme il va être grandement filtré par les murs, on peut considérer que le son redevient uni-directionnel puisque la partie la plus forte ne sera que celle qui aura passé par la porte. Il est donc complexe car il contient plein d'echos différents, mais il n'est plus (ou quasi-plus) stereo.
Dans le couloir, la partie la plus faible du son initial va s'étouffer, et la partie la plus forte va s'enrichir d'une nouvelle reverbe, celle due au murs du couloir. On va donc avoir un son doublement riche en partie quasi-unidirectionnel, et en partie stereo (la nouvelle reverbe).
Mais on passe encore une porte. De nouveau le son doublement enrichi, va se retrouver mono-directionnel, et il va enfin frapper les oreilles de l'auditeur (ainsi que les murs, mais on y reviendra après) qui pourra clairement identifier l'origine de ce son : la direction précise de la porte.
Puis enfin, la reverbe de la pièce où il se trouve frappera ses oreilles, en stereo, cette fois.
Sachant que chaque reverbe supplémentaire ne reverbère qu'un son de plus en plus étouffé par la distance et l'absorption des murs, on va obtenir un son fortement reverbéré mais mono, ajouté à une reverberation moins forte, toujours mono, ajouté à une reverberation assez faible, mais stereo.
ça nous donne ceci :
Son direct + Reverbe
-> retrécissement du champs stereo
-> filtrage des aigus et médiums + baisse du volume à cause de la distance
-> reverbe (relativement faible) du couloir
-> retrécissement du champs stereo, encore
-> filtrage des aigus et médiums + baisse du volume à cause de la distance
-> oreilles + reverbe faible de la pièce
C'est évidemment la théorie. Dans l'absolu, il n'est certainement pas utile de se prendre autant la tête.
