Pas simple en effet.
Le premier reflexe est d'ajuster le niveau de gain pour s'assurer que le préampli ne sature pas.
Cependant on constate parfois que faisant ainsi, la voix est plus basse, elle n'atteint plus le zero dBFS mais elle est tout de même saturée.
En effet, les micros ont chacun une capacité propre à encaisser la pression accoustique qui est le son à proprement parler, une succession de pressions et de dépressions. Lorsque l'amplitude est trop forte pour la capsule, cette dernière abdique et renvoie un signal directement saturé.
C'est la raison pour laquelle on ne met pas n'importe quel micro pour repiquer une grosse caisse ou une trompette ou un ampli de guitare.
Comment faire alors ?
-Premiere solution : le micro possède un pad de -10dB ou -20 dB. On peut l'enclencher et ainsi relever le seuil où la capsule saturera. Le niveau de sortie est baissé d'autant, mais si on ne l utilise que quand on hurle, on affinera le niveau au mixage.
-Deuxième solution, si on habite la campagne, on ouvre la fenetre, on se postiionne face à l'ouverture, micro devant soi et on envoie la sauce. Pas de reverbe puisqu'on est en milieu ouvert. On risque de chopper quelques bruits d'oiseaux, mais si on hurle bien fort, ils ne vont pas pépier longtemps. Evidemment, en ville, c'est moins efficace.
-Troisième solution, on prend du matériel sur batterie et hop une virée à la campagne, loin de l'autoroute et des habitations, de nuit, comme Mike l'a fait pour
sa scène de guerre
-Quatrieme solution : s'improviser une cabine de prise de son avec des tringles à rideau ou des porte manteaux sur lesquels tu suspends des tapis, couettes, sacs de couchage, rideaux, tout ce que tu trouves d'épais et lourd en les plissant au maximum, en suprimant au maximum les angles. Ainsi tu vas casser la reverbe et tu peux t'éloigner du micro.
-Cinquième solution, j'ignore si elle fonctionne, mais en théorie, ca devrait le faire. Se construire faire une pseudo caisse couverte sur les parois intérieures de mousse acoustique ou d'une alternance de matériaux diffusants et absorbants, laisser une ouverture libre, placer le micro dans la caisse, et se placer devant l'ouverture pour enregistrer, s'éloigner au besoin pour enregistrer sans saturer le micro.
-Sixième solution. Difficile. Placer son micro à l'emplacement habituel, enregistrer une impulsion (claquement fort et bref, pétard par exemple) et la réverbe engendrée dans la pièce. Enregistrer ses voix normalement, appliquer sur cet enregistrement une reverbe à convolution en utilisant l'enregistrement de l'impulsion comme base de calcul, et en réglant 0% dry, 100% wet. Mettre le résultat en opposition de phase et l'ajouter à l'enregistrement initial. En ajustant soigneusement les niveaux sonores, la reverbe initiale devrait être contrebalancée par la reverbe calculée et annulée en grande partie. Bon, comme je l'ai dis, c'est difficile.