Ouais, enfin, il ne faut pas oublier de se faire plaisir non plus !
Parce que tout de même, dans l'optique où l'on fait une série MP3 distribuée gratuitement, si on ne fait ça que pour les auditeurs, on va au devant de troubles psychologiques à la longue
Il y a tellement de goûts différents, au final on reçoit des tonnes de critiques de gens qui disent des choses différentes, et travailler pour essayer de mettre tout le monde d'accord revient à se scier la jambe avec une cuiller. Donc, se faire plaisir, c'est important.
C'est la différence majeure entre un produit "commercial" et un produit "d'auteur", c'est pourquoi les films hollywoodiens sont si souvent peu originaux. On essaie d'y placer toujours les mêmes ingrédients parce qu'on sait que ça va plaire aux gens. Et, subséquemment, les gens vont les voir.
Mimiryudo disait : "une oeuvre sans aucune originalité ne plaira pas", là-dessus malheureusement, on ne peut être d'accord

. C'est l'industrie "culturelle" mondiale qui nous le prouve tous les jours... En montant des groupes musicaux strictement identiques à d'autres, en refaisant des films déjà faits. Le "grand public" suit aveuglément lorsque ça ressemble à quelque chose qu'il connaît.
Tiens, là il faut une histoire d'amour.
Là, il faut un rigolo qui parle tout le temps. On a besoin d'un mec divorcé un peu taciturne, pour attendrir les familles. Il faut un petit jeune pour que le public jeune s'y retrouve. Il faut que le méchant soit escorté d'une belle fille ou d'un ex-lutteur coréen. On va mettre un gros monstre qui meurt coincé dans une porte, comme celui de Star Wars (voir Donjons et Dragons 1). Il faut qu'un membre de l'équipe se sacrifie, ça fait bien. Et, j'allais oublier, la bimbo qui veut coucher avec tout le monde.
Le film d'auteur, par contre, on peut y retrouver de tout... Des trucs parfois tellement personnels qu'on s'ennuie au bout de trente secondes (Jean Rollin). Ou bien des gens qui savent trouver le moyen de faire partager leur débilité (Mike Myers) à travers des concepts pourtant éculés, quand bien même on n'adhère pas à tous leurs penchants (scato), on y retrouve des choses intéressantes et novatrices.
Bref, si on veut faire quelque chose pour plaire à la majorité, il faut niveller par le bas, c'est bien connu.
Je vois déjà les mauvaises langues qui vont dire que c'est sans-doute pour ça que ma série a du public, mais pour ma part, je suis parti sur une idée de scénario stéréotypé avec des personnages récurrents et des situations rôlistes vécues, donc quelque part je ne cherchais pas l'originalité totale. C'est pour cela d'ailleurs que les gens s'y sont retrouvés. C'était seulement le profil psychologique des personnages de la Terre de Fangh qui apportait de la nouveauté, avec leur manque total d'esprit d'équipe. Le "grand public" ne comprend rien à Naheulbeuk, et c'est tant mieux. Mais je ne pense pas que quelqu'un ici ait envie de pondre une série MP3 pour les gens qui regardent TF1...
Donc, l'originalité pour l'originalité à tout prix, je ne sais pas si c'est très payant au final, du moins sous ce format. C'est plutôt quelque chose qu'on aimera retrouver dans un roman, et encore certains sont parfois tellement tirés vers le contre-pied qu'on finit par s'y perdre (voir certains romans med-fan, dans lequel l'auteur renomme tellement de concepts existants sous des noms nouveaux, qu'on ne comprend plus rien).
Maintenant, l'important c'est peut-être de réussir à faire partager ses idées et son style avec des gens, sans faire de concessions, tout simplement.