Et bien voilà un topic fort intéressant. L'extrait audio est effectivement plein d'intérêt, pas étonnant que mitch en décortique le sonagramme
Il y a plein de notions qui on été évoqués dans le topic, sur lesquelles j'aimerais revenir.
- Harmonique (le nom) son pur et élémentaire qui compose tous les sons de l'univers intersidéral...
elle est caractérisé par sa fréquence et aussi son amplitude
- Spectre : aussi appelé contenu harmonique, parfois timbre par extension. C'est la représentation graphique des harmoniques qui composent un son.
-Sonagramme : representation spectrale du son mais avec la composante temps. On y observe le comportement des harmoniques sur une certaine durée.
Maintenant attention :
-harmonique (l'adjectif) : On l'utilise pour des notions relatives au spectre et son comportement, comme l'adjectif "dynamique" pour l'amplitude. (exemple de traitement harmonique : équaliser graphique, exemple de traitement dynamique : compresseur.)
On l'utilise AUSSI pour ceci : Un son est soit harmonique soit inharmonique selon qu'il est musical ou pas. Le test est de savoir si on peut le "chanter" ou pas. Le son du RER qui va bientot partir est "chantable" donc il est harmonique. Le son du vent dans les arbres n'est pas "chantable" : il est inharmonique.
- Fondamentale : Dans un son harmonique on trouve bien entendu des harmoniques (mais non c'est pas compliqué) mais on les appelle alors
Fondamentale et
partiels.
Pourquoi ? (déjà parce que ça évite l'embrouille...

)
La particularité des sons harmoniques c'est qu'on peut les chanter, et ce pour une bonne raison : la fréquence (la note) qu'on chante est renforcé par les autres harmoniques, car leurs fréquences sont toutes multiple de la fréquence de base, qu'on appelle fondamentale. Comme ces harmoniques sont au service de cette fondamentale, on les considèrent comme des
partiels de cette fondamentale.
ex : Un LA grave (note après le SOL) a pour fréquence 110 hz, quand le piano joue "LA" il y a en même temps des partiels à 220 330 440 550 660 770 880 990 1100 1210 hertz (notez : généralement l'amplitude est divisée par 2 à chaque partiel) etc... il est même possible de discerner certain d'entre eux avec de la concentration (cela dit avec une guitare électrique en disto c'est plus facile

). Le son a pour fréquence fondamentale 110 hz. Le LA est la seul note dont la fréquence est un nombre entier, alors pour eviter de parler de partiel 215.12657 hz on parle de premier partiel, deuxième partiel, troisième etc...
Quand je dis que les partiels renforcent la fondamentale, c'est tellement vrai que que même si on enlève la fréquence 110 hz, croyez le ou non, c'est quand même cette fréquence qu'on entend !
Bizarre ?
Ben non, en fait c'est normal, puisse que c'est le fait que les fréquences sont multiples de la fondamentale qui fait que la courbe d'une note de musique est cyclique. Le simple fait de virer la fondamentale ne change pas la fréquence de l'onde ! et donc la hauteur qu'on entend est la même

.
Ce qu'on observe sur le sonagramme de Mitch, c'est pas un changement de fondamentale du son : Le son de la boite d'allumette est inharmonique de toute façon. Mais quand bien même il s'agirait d'une flute, la note ne ferait pas du "yoyo" , l'effet que donne un glissement de hauteur.
Le phénomène qu'on observe est le glissement d'un creux harmonique. Un creux ?
Ben oui, si on considère que le boite d'allumette fait un son tellement riche en harmoniques que c'est du bruit blanc (c'est un peu exagéré mais bon...) alors son spectre ressemble à un bloc rempli, contrairement au spectre d'un son harmonique qui est une succession de "lamelles". Ce "bloque spectral" c'est ce qu'on voit sur le graphique (un bruit blanc c'est un peu plus violent que ça quand même) . Toutes les zones sombres sont des creux harmoniques, certains sont dû à la nature même du son, d'autre sont dû à la façon dont le micro la perçu et enregistré.
Ce sur quoi mitch à mis le doigt et je trouve ça en effet très interessant, c'est qu'il y certains creux qui evoluent au court du temps et que le mouvement de ces creux correspond au mouvement de l'objet dans l'espace. Pourtant tout le monde sera d'accord pour dire que l'objet n'a pas décidé de changer son timbre en cours de route.
Il aurait été intéressant d'avoir d'autres enregistrement pour pouvoir comparer les movement harmoniques observés.
Valà
Edit :
Comme je suis gentil je vous poste le sonagramme du LA grave du piano :

Je vous l'avais bien dit : Des lamelles (remarquezl'espace constant entre elles, ainsi que la perte en intensité dans l'aigu)
Voilà un bruit blanc :

Sans commentaire...