"Etre dans son personnage"
Posté : ven. 24 févr. 2012, 11:53
Bonjour !
J'aimerais revenir sur une notion essentielle en comédie : être dans son personnage. C'est une expression qu'on connaît tous, une des premières choses à laquelle on pense lorsque l'on s'apprête à interpréter un rôle.
Mais qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Je voudrais commencer par synthétiser / paraphraser les quelques conseils prodigués par mes camarades dans ce forum jeu d'acteur : il faut faire abstraction de notre état.
Durant un certain laps de temps, virtuellement, nous n'existons plus. Nous nous effaçons temporairement de notre condition de créateur pour vivre temporairement autre chose que quelqu'un qui créé. C'est un peu paradoxal n'est-ce pas ? Nous voulons être, mais nous ne devons pas être. Shakespeare se retourne encore dans sa tombe
Quand on nous propose un rôle, on étudie le personnage. Qui il est. Comment il vit. Comment il appréhende la vie virtuelle qu'il mène, etc. Donc, tout se passe dans notre tête.
Or, physiologiquement, tout ce qui se passe dans notre tête est magnifique. Parce que penser est très facile, très libre. Tout le monde peut s'imaginer avec la gueule qu'il veut avoir, la taille qu'il veut avoir, le métier qu'il veut faire. Et tout le monde peut s'imaginer chanter comme un dieu devant une foule en délire. C'est très facile.
Le réflexe qu'on a en général, c'est d'imiter ce comportement imaginé. Mais c'est là que ça pince. Le corps ne réceptionne pratiquement jamais à l'identique ce que l'esprit a imaginé.
On se dit que si un personnage est en colère, on doit parler fort sur un ton désagréable ? NON ! Parce que ça, c'est de l'imitation.
Lorsque l'on imite quelqu'un, que l'on imite une émotion en adoptant un comportement avec des mots-clés et un champ lexical, on est complètement dans le jeu.
Or, nous auditeurs, on est pas là pour entendre un comédien jouer. On est là pour entendre un soldat, un policier, un nain, un magicien, un employé, un patron, un président...
Alors, être dans son personnage, c'est VIVRE la même chose que lui. Tout est une question de contexte et d'environnement.
Un soldat qui a peur n'agira pas de la même façon qu'un enfant qui a peur. Pourtant, c'est la même émotion. Mais un enfant se mettra à crier, à pleurer, à gémir, complètement vulnérable. Alors qu'un soldat aura sans doute plus d'anticipation, adoptera un comportement défensif, gardera un peu de sang-froid (c'est un soldat, quand même), mais n'agira certainement pas comme le fera un enfant.
Bon après, tout dépend de la nature du danger en face, mais vous m'avez compris.
Il est donc inutile de se mettre des mots-clés dans la tête et de mimer ce que ces mots-clés veulent dire. Vous ne serez pas crédible, sinon.
Vivez, tentez, c'est à chaque fois une nouvelle expérience. Et n'ayez pas peur, des tas de gens font ça, et la plupart sont adorés, reçoivent des prix et sont même payés pour le faire. Ça se passe à l'intérieur de vous. Ne lisez pas mot pour mot votre texte avec le ton approprié à la didascalie notée à coté. Chaque phrase est un petit spectacle.
Mais au final gardez le contrôle, vous n'êtes pas fou, juste un comédien
J'aimerais revenir sur une notion essentielle en comédie : être dans son personnage. C'est une expression qu'on connaît tous, une des premières choses à laquelle on pense lorsque l'on s'apprête à interpréter un rôle.
Mais qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Je voudrais commencer par synthétiser / paraphraser les quelques conseils prodigués par mes camarades dans ce forum jeu d'acteur : il faut faire abstraction de notre état.
Durant un certain laps de temps, virtuellement, nous n'existons plus. Nous nous effaçons temporairement de notre condition de créateur pour vivre temporairement autre chose que quelqu'un qui créé. C'est un peu paradoxal n'est-ce pas ? Nous voulons être, mais nous ne devons pas être. Shakespeare se retourne encore dans sa tombe
Quand on nous propose un rôle, on étudie le personnage. Qui il est. Comment il vit. Comment il appréhende la vie virtuelle qu'il mène, etc. Donc, tout se passe dans notre tête.
Or, physiologiquement, tout ce qui se passe dans notre tête est magnifique. Parce que penser est très facile, très libre. Tout le monde peut s'imaginer avec la gueule qu'il veut avoir, la taille qu'il veut avoir, le métier qu'il veut faire. Et tout le monde peut s'imaginer chanter comme un dieu devant une foule en délire. C'est très facile.
Le réflexe qu'on a en général, c'est d'imiter ce comportement imaginé. Mais c'est là que ça pince. Le corps ne réceptionne pratiquement jamais à l'identique ce que l'esprit a imaginé.
On se dit que si un personnage est en colère, on doit parler fort sur un ton désagréable ? NON ! Parce que ça, c'est de l'imitation.
Lorsque l'on imite quelqu'un, que l'on imite une émotion en adoptant un comportement avec des mots-clés et un champ lexical, on est complètement dans le jeu.
Or, nous auditeurs, on est pas là pour entendre un comédien jouer. On est là pour entendre un soldat, un policier, un nain, un magicien, un employé, un patron, un président...
Alors, être dans son personnage, c'est VIVRE la même chose que lui. Tout est une question de contexte et d'environnement.
Un soldat qui a peur n'agira pas de la même façon qu'un enfant qui a peur. Pourtant, c'est la même émotion. Mais un enfant se mettra à crier, à pleurer, à gémir, complètement vulnérable. Alors qu'un soldat aura sans doute plus d'anticipation, adoptera un comportement défensif, gardera un peu de sang-froid (c'est un soldat, quand même), mais n'agira certainement pas comme le fera un enfant.
Bon après, tout dépend de la nature du danger en face, mais vous m'avez compris.
Il est donc inutile de se mettre des mots-clés dans la tête et de mimer ce que ces mots-clés veulent dire. Vous ne serez pas crédible, sinon.
Vivez, tentez, c'est à chaque fois une nouvelle expérience. Et n'ayez pas peur, des tas de gens font ça, et la plupart sont adorés, reçoivent des prix et sont même payés pour le faire. Ça se passe à l'intérieur de vous. Ne lisez pas mot pour mot votre texte avec le ton approprié à la didascalie notée à coté. Chaque phrase est un petit spectacle.
Mais au final gardez le contrôle, vous n'êtes pas fou, juste un comédien