J'espère que je vais pas me faire taper... Je vais essayer de donner mon avis avec ces pincettes, je craignais le troll lors de la sortie du topic.
C'est des plus étranges tout de même, que la question soit perçue comme un "problème", depuis qu'elle ait été posée pour la première fois. Et finalement, on retrouve les mêmes avis, énoncés par des personnes différentes, mais qui mettent en scène :
- - deux bords - pour et contre -
- - et puis des centristes qui pensent que ça dépend,
- - et d'autres qui pensent qu'il n'y a pas débat.
Je trouve ça plus intéressant encore comme réflexion que le sujet en lui-même : observer "l'enlisement", ou plutôt la non-évolution des arguments. La seule différence réside peut-être au nombre d'exemple à donner.
C'est terrible me diront certains, mais je ne peux m'empêcher de comparer la sagasphère au cinéma.
- - Dans les premiers temps, une activité qui n'était que du divertissement, très vite arqué vers l'humour.
- - Puis l'apparition du sérieux,
- - et le clivage qui s'est imposé, parce que ce second était réservé à une certaine élite intellectuelle.
Et c'était réellement deux camps qui se bouffaient le nez. Le comique ne se mêlait jamais au sérieux, les acteurs de l'un ne faisait jamais l'autre. Ou alors ça pouvait être de la promotion, mais le sérieux était pour les comédiens de théâtre, et le comique à des troupes, à des gens du spectacle.
Anecdote : Keaton qui avait perdu sa première femme parce qu'elle ne se voyait pas passer sa vie avec un rigolo, ça allait jusque là. Il s'agissait de prestige et d'une vision de son art.
La fiction sonore telle que nous la connaissons s'apparente un peu à cette évolution, mais en beaucoup plus rapide, sans doute lié à notre médium ; à la différence près que des comédiens de comique peuvent faire du sérieux - rarement l'inverse mais les cas manquent il faut dire -, et qu'il y a un certain prestige à avoir participer à une saga dite "sérieuse", preuve peut-être de la qualité de notre jeu (voire matérielle). Bon... pourquoi pas ?
Je peux pousser encore le parallélisme : le questionnement sur le format court et le format long, qui s'est posé au cinéma, s'est aussi posé à notre domaine. Il faut dire que le processus créatif se rapproche de celui du cinéma, et que l'intention est un peu la même : raconter une histoire qui a le mérite de l'être (ici avec uniquement du son, et pas du son et des images en mouvement).
Je vais essayer de rapidement rebondir sur des choses qui ont été dites, ce n'est que mon avis personnel, mais bon. J'apporte ma contribution.
Luciole a écrit :Comme tout le monde le sait, faire une saga "sérieuse" est beaucoup moins... je ne dirais pas facile mais plutôt accessible qu'une saga comique, que ce soit au niveau technique ou artistique.
Indéniablement, une performance technique aide à promouvoir ce qu'on fait. Elle est moins
nécessaire dans l'humour que dans le "sérieux" parce qu'elle ne participe pas à l'intrigue à la même échelle. Du coté artistique, je suis moins sûr... c'est très surfait je pense.
Il y a autant de paris artistiques dans une forme que dans l'autre, bien que l'humour ait toujours été vu comme parent de pauvre face à son frère le sérieux. Je ne vais pas essayer d'en convaincre certains, parce qu'il y aura une prise de conscience dans le futur, et que j'ai pas de raison particulière de l'évoquer/l'invoquer, moi personnellement qui vous cause (bien que j'eus déjà abordé le sujet).
edidnac a écrit :je suis désolé mais une saga qui ne vas pas jusqu'au bout c'est un échec. Personnellement si je fait une saga sur laquelle je passe un sacré bout de temps, le minimum que je veux : c'est un minimum d'auditeur (ça sert à rien de créer une saga pour l’écoute tout seul). Donc je pense que plus de reconnaissance pour ce genre de saga ne serai pas un privilège.
Les plus belles symphonies et les plus beaux recueils sont ceux qui sont incomplets, très cher. Pour ce qui est du reste de la citation... on travaille pour les autres, mais aussi pour soi. On peut parfois attendre, au vu de l'implication et de l'effort qu'on a fourni, un minimum de retour, de la part d'une certaine catégorie de gens (les autres collaborateur de l'œuvre, notamment), mais le travail artisanal - et artistique - n'a jamais été rentable sur ce point de vue là.
Je rejoints ce qu'on déjà dit, et ce qu'on dit depuis déjà plusieurs années, d'autres : nous faisons ça pour le plaisir. Alors, évidemment, ça ne veut pas dire qu'on est désintéressé ! On réclame, parfois, des retours, des commentaires, des critiques. Mais ce n'est pas forcément ça qui témoigne de la qualité d'une œuvre ! Pour exemple, Van Gogh n'a, de son vivant, vendu qu'une seule toile (et à un ami en plus).
Qui sait, peut-être que certains d'entre nous sont des Van Gogh en puissance ? Il est peu probable que ça s'applique au nombre de cas, conséquent, de sagas qui ne récoltent pas autant de commentaires qu'elles le voudraient.
Mais il faut se poser une question : si l'on ne reçoit pas d'avis, ce n'est pas forcément que l'on ne s'intéresse pas à nous, mais plutôt qu'on n'arrive pas
à faire s'intéresser les gens. C'est là la nuance. Et certains qui râlent au vu du temps qu'ils ont passé à travailler, mais il faut plutôt se poser la question de la qualité du travail que l'on a apporté : on peut y passer des semaines, mais si l'apport est médiocre, le rendu final sera médiocre.
Pour le reste, je ne m'attarderai pas davantage. Je pense que
Trent l'a assez bien dit, l'utilisation de la nomenclature "saga comique / saga sérieuse" est erronée. Déjà parce qu'il ne s'agit que d'un style, et qu'il peut agir à différentes échelles dans le scénario. L'humour peut être un ajout ou un élément constitutif de l'intrigue, il peut être une griffe de l'auteur, un trait d'aspect de certains personnages, etc. Il ne s'applique pas aux mêmes niveaux dans chaque saga. Et l'on remarque la difficulté pour beaucoup de personne à faire le distinguo entre la comédie humoristique et la comédie
autre, ou encore, toute forme de comédie avec du burlesque, de la parodie, du détournement...
Pour l'instant, on passe à coté du questionnement, et l'on pose une fausse problématique selon moi. Mais tous ces avis ne sont pas, pour le moins, inutiles. Ils sont révélateurs d'une vision que les gens ont de leur travail et du travail de leur confrères. Et ça permet certaines réflexions enrichissantes. De ces réflexions que l'on retrouve, parfois, au détour d'un topic anodin, que pas tout le monde ne lit, mais que quelques curieux visitent, et dont seulement une poignée en ressortent enrichis, et transport d'une certaine vision ou d'une révélation sur leur travail...
Sans rigoler, j'ai dit une connerie ou pas... ?